Phase 06: Exit

By SearchFundMarket Editorial Team

Published April 23, 2025

Étude Stanford 2024 : Chiffres Clés des Search Funds

L'étude biennale publiée par la Stanford Graduate School of Business constitue la référence mondiale en matière de données sur les search funds. L'édition 2024, intitulée 2024 Search Fund Study : Selected Observations, couvre l'ensemble des search funds traditionnels lancés entre 1984 et 2022 et recense 681 search funds ayant levé du capital de recherche auprès d'investisseurs. Pour l'écosystème français et européen, cette étude offre un cadre d'analyse indispensable : elle permet de comprendre les dynamiques du modèle, de mesurer les rendements historiques et de calibrer les attentes des investisseurs. Cet article décrypte les principaux enseignements de l'étude et en tire les implications pour le marché français.

Périmètre et méthodologie de l'étude

L'étude Stanford porte sur les search funds dits « traditionnels », c'est-à-dire ceux qui suivent le modèle en deux phases (levée de capital de recherche, puis levée de capital d'acquisition). Elle exclut les search funds autofinancés et les modèles hybrides. Les données sont collectées par questionnaire auprès des searchers et de leurs investisseurs, avec un taux de réponse qui confère à l'étude une représentativité solide.

Le périmètre géographique est principalement nord-américain (États-Unis et Canada), mais l'étude intègre progressivement les search funds internationaux. Pour les données spécifiquement européennes, il convient de croiser l'analyse avec l'étude IESE Business School (International Search Fund Study), qui couvre un périmètre géographique plus large incluant l'Europe, l'Amérique latine et l'Asie.

681 search funds : la croissance du modèle

Le chiffre le plus frappant de l'étude 2024 est le nombre cumulé de 681 search funds traditionnels recensés depuis 1984. Cette progression illustre une accélération remarquable : il a fallu vingt-cinq ans (1984-2009) pour atteindre les 100 premiers search funds, mais moins de cinq ans pour passer de 400 à 681. Cette dynamique traduit la maturation du modèle, la multiplication des investisseurs spécialisés et la diffusion du concept dans les business schools internationales.

Pour le marché français, cette croissance est un signal encourageant. L'écosystème hexagonal se situe encore dans une phase précoce comparable à la situation nord-américaine du début des années 2000 , , ce qui signifie que le potentiel de développement est considérable. L'écosystème ETA en France bénéficie du même type de catalyseurs qui ont accéléré la croissance outre-Atlantique : programmes académiques dédiés (HEC Paris, INSEAD, ESSEC), réseau croissant d'investisseurs et forte demande de transmission de PME.

Taux d'acquisition et durée de recherche

Selon l'étude Stanford 2024, environ 70 % des searchers qui lèvent du capital de recherche parviennent à réaliser une acquisition. Ce taux d'acquisition, relativement stable d'une édition à l'autre, constitue un indicateur clé pour les investisseurs : il signifie qu'environ un searcher sur trois ne trouve pas de cible satisfaisante dans le délai imparti et restitue le capital restant à ses investisseurs.

La durée médiane de recherche se situe autour de 20 à 22 mois, avec une dispersion significative : certains searchers concluent en moins de 12 mois, tandis que d'autres dépassent les 30 mois. Les facteurs qui influencent la durée incluent la sélectivité des critères de recherche, la géographie ciblée, la qualité du réseau de sourcing et la capacité du searcher à évaluer rapidement les opportunités.

En France, la durée de recherche tend à être légèrement supérieure à la moyenne nord-américaine, en raison de la plus grande opacité du marché des PME, de la complexité des négociations avec les cédants familiaux et de la nécessité de respecter les procédures légales (information du CSE, consultation des instances représentatives du personnel). Les searchers français qui réussissent le mieux sont ceux qui combinent plusieurs canaux de sourcing : réseau CRA (Cédants et Repreneurs d'Affaires), Bpifrance Transmission, approche directe et intermédiaires spécialisés.

Rendements historiques : TRI et multiples

Les données de rendement constituent le volet le plus attendu de chaque édition de l'étude. L'étude 2024 fait état d'un TRI agrégé (taux de rendement interne) et d'un multiple sur capital investi (MOIC) qui positionnent le search fund parmi les classes d'actifs les plus performantes de l'investissement en capital. Pour une analyse détaillée des rendements des search funds, consultez notre article dédié.

Plusieurs éléments méritent d'être soulignés pour l'investisseur français :

  • Rendements médians vs. rendements moyens :La distribution des rendements est fortement asymétrique. Les rendements moyens sont tirés vers le haut par quelques performances exceptionnelles, tandis que les rendements médians offrent une image plus réaliste de l'expérience « typique » d'un investisseur. Stanford rapporte un MOIC médian de l'ordre de 2,4x à 2,8x et un TRI médian d'environ 25 à 35 %, selon les cohortes.
  • Impact du temps de détention : Les search funds avec une durée de détention de cinq à sept ans tendent à afficher les meilleurs rendements, la création de valeur opérationnelle nécessitant du temps pour se matérialiser pleinement.
  • Effet de la taille d'acquisition :Les acquisitions dans la fourchette de 5 à 20 millions de dollars de valeur d'entreprise (soit environ 4,5 à 18 millions d'euros) présentent un profil risque/rendement équilibré. Les transactions trop petites manquent parfois d'infrastructure managériale, tandis que les plus grandes sont plus concurrentielles.

Caractéristiques des acquisitions réussies

L'étude Stanford identifie plusieurs caractéristiques récurrentes parmi les search funds ayant généré les meilleurs rendements :

  • Revenus récurrents :Les entreprises à forte récurrence de chiffre d'affaires (contrats d'abonnement, maintenance, services récurrents) affichent des rendements supérieurs, car elles offrent une visibilité financière et une résilience accrues.
  • Croissance organique :Les cibles présentant une croissance organique soutenue avant l'acquisition tendent à mieux performer après la reprise, le searcher pouvant accélérer une dynamique déjà positive.
  • Diversification de la clientèle :Les entreprises peu dépendantes d'un petit nombre de clients présentent un risque moindre et une valorisation plus solide.
  • Secteurs « boring but beautiful » : Les entreprises de services B2B dans des secteurs peu spectaculaires mais stables (logistique, maintenance industrielle, services aux entreprises, distribution spécialisée) sont surreprésentées parmi les meilleures performances.

Pour le searcher français, ces critères se transposent directement. Le tissu de PME françaises offre de nombreuses opportunités dans ces segments, en particulier dans les services aux entreprises, le négoce technique et les services numériques.

Évolutions et tendances récentes

L'étude 2024 met en lumière plusieurs tendances qui façonnent l'avenir du modèle :

Internationalisation croissante

Le nombre de search funds lancés en dehors de l'Amérique du Nord croît de manière significative. L'Europe (Espagne, France, Royaume-Uni, Allemagne), l'Amérique latine (Brésil, Colombie, Mexique) et l'Asie contribuent à cette dynamique. L'IESE Business School, dans son étude complémentaire, recense plus de 200 search funds internationaux, dont une part croissante en Europe francophone.

Professionnalisation de l'écosystème

L'écosystème se professionnalise avec l'émergence de fonds d'investissement spécialisés dans le financement de search funds (par opposition aux investisseurs individuels), de structures d'accompagnement et de plateformes de mise en relation. Cette évolution se retrouve en France avec l'apparition de véhicules d'investissement dédiés et la structuration de réseaux d'accompagnement.

Diversité des profils de searchers

Les profils des searchers se diversifient : si le MBA reste dominant, on observe une proportion croissante de profils issus de l'industrie, de l'ingénierie et de l'entrepreneuriat, ainsi qu'une augmentation (encore timide) de la diversité de genre et d'origine. En France, les profils d'ingénieurs représentent une part significative des searchers, ce qui reflète la spécificité du système éducatif français.

Implications pour les investisseurs français

Pour les investisseurs français et européens, l'étude Stanford 2024 fournit plusieurs enseignements pratiques :

  1. Diversification du portefeuille :La dispersion des rendements plaide pour un portefeuille diversifié de 10 à 15 search funds minimum, afin de lisser les performances individuelles et de capturer les gains des « meilleurs élèves ». Pour en savoir plus sur les raisons d'investir dans les search funds, consultez notre guide.
  2. Sélection rigoureuse du searcher :L'étude confirme que la qualité du searcher est le premier facteur de succès. Les investisseurs doivent évaluer non seulement les compétences analytiques et opérationnelles du candidat, mais également sa résilience, son éthique de travail et sa capacité à diriger une PME.
  3. Accompagnement actif : Les search funds dans lesquels les investisseurs jouent un rôle de conseil actif (participation au board, mentorat, réseau) tendent à mieux performer que ceux où les investisseurs sont passifs.
  4. Adaptation au contexte français :Les données Stanford, principalement nord-américaines, doivent être ajustées au contexte français : multiples de valorisation potentiellement plus bas, rôle du financement bancaire plus important, spécificités du droit du travail et de la gouvernance d'entreprise.

Stanford et IESE : lecture croisée

L'étude Stanford se concentre sur les search funds nord-américains, tandis que l'étude IESE couvre le périmètre international. Pour un investisseur français, la lecture croisée des deux études est essentielle. L'étude IESE met en évidence plusieurs spécificités du marché européen :

  • Les search funds européens ciblent généralement des entreprises de taille légèrement inférieure à leurs homologues nord-américains, avec des valeurs d'entreprise médianes de l'ordre de 3 à 10 millions d'euros.
  • Le recours au financement bancaire est plus fréquent en Europe, où les banques sont plus ouvertes au financement d'acquisitions de PME, en particulier en France grâce au rôle de Bpifrance.
  • La durée de détention en Europe tend à être légèrement plus longue, en partie en raison de la moindre liquidité du marché des sorties.
  • Les rendements européens, bien que sur un historique plus court, s'inscrivent dans une fourchette comparable aux rendements nord-américains ajustés de la taille des transactions.

Pour aller plus loin

L'étude Stanford 2024 confirme la robustesse et l'attractivité du modèle search fund, tant pour les entrepreneurs que pour les investisseurs. Pour le marché français, elle fournit un cadre de référence précieux qui permet de calibrer les attentes, d'identifier les facteurs de succès et d'anticiper les évolutions à venir.

Pour approfondir votre compréhension du modèle, nous vous recommandons de consulter nos articles sur les rendements des search funds, les raisons d'investir dans les search funds et notre guide complet pour se lancer.

Sources

  • Stanford Graduate School of Business — 2024 Search Fund Study : Selected Observations, 2024.
  • IESE Business School — International Search Fund Study, 2024.
  • HEC Paris, Chaire Entrepreneuriat — Entrepreneuriat par Acquisition : état des lieux en Europe francophone, 2024.
  • INSEAD — ETA & Search Funds Research Hub, 2024.
  • Bpifrance — Baromètre de la Transmission d'Entreprise, 2024.

Frequently Asked Questions

Que révèle l’étude Stanford 2024 ?
L’étude analyse 681 search funds depuis 1984. Les chiffres clés montrent un taux d’acquisition d’environ 70%, une durée médiane de recherche de 20 mois, et des rendements attractifs pour les investisseurs, bien que la dispersion soit élevée entre les meilleurs et les moins performants.

Sources & References

  1. Stanford GSB - 2024 Search Fund Study (2024)

Disclaimer

This article is educational content about search funds and Entrepreneurship Through Acquisition (ETA). It does not constitute financial, legal, tax, or investment advice. Always consult qualified professional advisors before making investment or acquisition decisions.

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SearchFundMarket Editorial Team

Our editorial team combines academic research from Stanford GSB, INSEAD, IESE, and HEC with practitioner insights to produce the most thorough ETA knowledge base in Europe.

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